samedi 27 décembre 2008
« Mon père va probablement mourir bientôt »
Paul Gascoigne, ancien footballeur anglais de 41 ans, est condamné. C'est en tout cas l'avis de son fils Regan, qui s'est exprimé sur la chaîne britannique Channel Four aujourd'hui.
Il était l'un des footballeurs les plus doués de sa génération. Meneur de jeu élégant, il marquait et faisait marquer. International Anglais à 57 reprises, il a notamment joué pour Tottenham, la Lazio Rome ou les Glasgow Rangers. Pétri de talent, sa carrière fut gâchée par ses problèmes d'alcool et son caractère « difficile ». Depuis la fin de sa carrière, en 2004, sa vie est ponctuée de cures de désintoxication, de bagarres et même de tentatives de suicide, la dernière datant de septembre dernier. Pour son fils Regan, 12 ans, l'aider ne servirait plus à rien : « Mon père va probablement mourir bientôt. Je ne crois pas que l'aider soit utile. C'est une perte de temps. Je souhaiterais qu'il nous laisse. » On savait l'homme à la dérive, mais maintenant même sa famille n'y croit plus. Regan continue : « Qu'il ait été un grand joueur ne veut pas dire qu'il est un bon père. » Au cours de la même émission, Paul Gascoigne lui même reconnaît ses envies de suicide et confie qu'il souffre de « désordres alimentaires, troubles bipolaires, changements d'humeur et anxiété. »
Au delà du voyeurisme d'une telle émission, les déclarations du fils Gascoigne montrent que même sa famille ne le voit pas se sortir de la spirale auto-destructive dans laquelle il se trouve. Le fait que son propre fils tienne des propos aussi durs pourra soit lui servir d'électrochoc, soit achever son calvaire.
Thierry ALLARD
mardi 16 décembre 2008
Championnat du monde des rallyes : la légende Subaru se retire
Ce matin, Subaru a annoncé son retrait du championnat du monde des rallyes (WRC) pour 2009. Après Honda qui s'est retiré de la Formule 1 il y a deux semaines, et Suzuki du WRC hier, c'est une véritable hécatombe qui touche les constructeurs japonais dans le sport automobile. L'année prochaine, il ne restera plus que Citroën et Ford d'engagés dans un championnat fragilisé. 
Subaru depuis 1989, c'est six titres constructeurs, 47 victoires en championnat. C'est la marque qui a révélé les champions du monde Colin McRae, Richard Burns et Petter Solberg. Les légendes Tommi Mäkinen et Carlos Sainz ont gagné en bleu. La marque a bâti son image et sa réputation sur le rallye. Quasiment inconnue en Europe il y a une vingtaine d'années, le sport automobile lui a permis de se faire un nom, et de faire de son modèle phare, l'Impreza, un mythe. Seulement les temps ont changé. Le dernier titre pilote de la marque remonte à 2003 avec Petter Solberg. La marque japonaise doit en outre faire face à une concurrence plus rude que jamais. Au niveau des pilotes, Sébastien Loeb écrase les autres depuis cinq ans maintenant. À l'échelle des constructeurs, Subaru a régressé, se retrouvant maintenant derrière Citroën et Ford. De plus, la crise économique commence à se faire sentir comme le confirme Ikuo Mori, le président du groupe : « Notre contexte économique s'est rapidement détérioré en raison de la crise financière ». Il semble clair que Fuji Heavy, le propriétaire du constructeur, a décidé de scier la branche sportive de la marque. Ce que Prodrive, la structure britannique qui gérait l'écurie, regrette, via son directeur David Richards : « Ce n'est pas seulement triste pour Subaru et l'équipe, ça l'est aussi pour les millions de fans de rallye à travers le monde. Ce retrait est une grande perte, Subaru était une icône de ce sport. » Subaru sera tout de même représentée l'année prochaine, mais à travers l'écurie privée norvégienne Adapta. Elle pourrait représenter une porte de sortie pour Petter Solberg et Chris Atkinson, les pilotes actuels de la marque.
Face à cet état de fait, la Fédération Internationale du Sport Automobile (FIA) a pris la décision de revoir l'organisation du championnat dès 2010. La catégorie WRC sera remplacée par la S2000, avec des voitures moins évoluées techniquement, donc moins onéreuses à développer et à faire courir. Il reste maintenant à espérer que ces retraits, à ajouter à celui de Honda en Formule 1, ne feront pas d'émules. Pour l'instant, Ford a confirmé son engagement pour l'année prochaine, au nom « des retombées sur la réputation et les ventes » de la marque. Et le sport dans tout cela?
Thierry ALLARD
dimanche 14 décembre 2008
Amaury Leveaux : un nageur en or
La Croatie réussit au mulhousien Amaury Leveaux. Aux championnats d'Europe de Rijeka, le français empile les médailles d'or et les records du monde : 50 et 100m nage libre et 50m papillon en individuel et relais 4x50m nage libre avec Bernard, Gilot et Bousquet. 
En devenant le premier homme à passer sous la barre des 45 secondes (44''94) sur le 100m nage libre samedi, Amaury Leveaux a frappé un grand coup. Il symbolise, à l'image d'Alain Bernard, le renouveau de la natation française. Au sortir de Jeux Olympiques de Pékin mitigés pour le sport français, les satisfactions étaient rares. Deux sports se dégageaient du marasme : l'escrime et la natation. Malgré la mauvaise passe de Laure Manaudou, c'est le sport en forme actuellement pour les français. Amaury Leveaux est donc en passe de devenir la nouvelle star de la natation française, et pourrait bien détrôner l'antibois Alain Bernard dans le coeur du public. Révélé sur le tard, le mulhousien de 23 ans impressionne les observateurs par la qualité de ses coulées (partie de la course qui suit le plongeon et où le nageur ne nage pas mais ondule) et en étant un des seuls à commencer à nager à la limite autorisée des 15 mètres. Mais Leveaux impressionne dans quasiment tous les secteurs, comme le confirme son entraîneur Lionel Horter : « Il est hors-normes dans tout. Ce qui est étonnant c'est que c'est un garçon, malgré sa taille, qui est coordonné et qui est devenu au fil des années, avec le travail, quelqu'un avec des capacités. » Ses récentes performances le mettent en confiance, au point de vouloir maintenant s'attaquer au monument Michael Phelps et ses quatorze médailles d'or olympiques sur 100m nage libre aux prochains mondiaux.
On retiendra de ces championnats d'Europe la grande forme de la natation française qui repart de Croatie avec sept médailles d'or. Amaury Leveaux devra confirmer son nouveau statut au niveau mondial. Son entraîneur y croit : « Je crois qu'on est plutôt au début de quelque chose d'énorme avec Amaury. Je crois qu'il est loin encore d'avoir pris totalement conscience de tout ce qu'il est capable de faire. »
Thierry ALLARD
jeudi 11 décembre 2008
Ligue des champions : avertissement sans (trop de) frais pour l'OL
L'Olympique Lyonnais finit donc deuxième de son groupe. Un bon match, mais une défaite 3-2 à domicile contre le Bayern Munich a eu raison des espoirs de première place du club aulassien.

L'OL qui prend trois buts à domicile lors d'un match décisif, un bon match? Eh bien oui. Menés 3-0 à la mi-temps, les lyonnais ont surtout joué de malchance. Les coéquipiers de Franck Ribéry ont fait preuve d'un réalisme implacable et d'une réussite insolente, voire énervante pour les lyonnais. Lyon qui gâche, comme sur cette tête d'Ederson dès la deuxième minute, Munich qui marque, Klose dès la 11e minute à la faveur d'un cafouillage entre Toulalan et Makoun. Deux buts suivront avant la mi-temps, d'abord de Franck Ribéry, décisif pour son retour sur les pelouses françaises, puis de Klose, d'un tir raté, mais pas si raté que ça puisqu'il fait 3-0. Rageant pour les lyonnais, d'autant qu'Ederson avait trouvé le poteau juste avant le deuxième but bavarois...
Mais la seconde mi temps allait marque le retour des joueurs de Claude Puel sur le terrain, mais surtout au score. 52e minute, Ederson (encore lui) frappe (encore) sur Rensing, le gardien allemand. Mais la différence, c'est que cette fois Govou traînait dans le coin pour pousser le cuir dans les filets. 3-1, suivi d'une tête sur la barre du même Govou puis d'un tir de Mensah sur le gardien. Finalement c'est Benzema qui clôt la marque à la 67e minute en remportant son face-à-face avec un Rensing pourtant en état de grâce. L'Olympique Lyonnais continuera à gâcher jusqu'à la fin du match, faisant preuve d'un manque de réalisme qui risque de lui coûter cher dans la suite de la compétition. D'autant que Claude Puel a du travail en défense, toutes les équipes ne se montrant pas aussi maladroites offensivement que la sienne.
C'est donc le Bayern qui finit à la première place du groupe F. Lyon saura bien assez tôt lequel des premiers de groupe il affrontera en 8emes de finale de la Ligue des champions. Une liste de premiers avec quelques surprises, comme le Panathinaïkos ou Porto. Peut être pas une si mauvaise affaire pour les lyonnais quand on sait que l'Inter Milan et le Real Madrid ont fini deuxièmes de leurs groupes...
Thierry ALLARD