jeudi 8 janvier 2009
Dakar : l'organisation pointée du doigt après la mort d'un motard
Le motard français Pascal Terry, 49 ans, a été retrouvé mort dans la nuit de mardi à mercredi en bordure du tracé de la deuxième étape du Dakar 2009 en Argentine. Les circonstances de sa disparition sont troubles.
Le motard a été victime d'une panne d'essence au cours de la deuxième étape du rallye raid, dimanche, entre Santa Rosa et Puerto Madryn, dans le sud-est de l'Argentine. Cette panne sera résolue par un autre concurrent, mais Pascal Terry déclenche sa balise de détresse peu après 21 heures (heure française). Le lendemain matin les organisateurs constatent que la moto du pilote normand n'a pas bougé depuis la panne. Ils tentent de le joindre, en vain. La dernière liaison satellitaire avec le pilote date du dimanche après midi. Durant deux jours, le motard est resté livré à lui même, d'autant qu'une fausse information disait l'avoir vu au bivouac du lundi soir. Les recherches se déclenchent donc avec beaucoup de retard : jusqu'à mardi, le pilote était annoncé « non partant » (comme s'il avait abandonné) et non pas disparu.
Le corps sans vie du pilote a été retrouvé à une quinzaine de mètres de la piste, au sein d'une végétation « de type maquis », et disposait de quelques rations de nourriture et d'eau. L'autopsie a démontré que le motard était mort dans la nuit de dimanche à lundi, officieusement d'un oedème pulmonaire provoqué par l'ingestion d'un aliment. Il y a donc fort à parier que si l'information de la balise de détresse était parvenue dimanche soir aux organisateurs, Pascal Terry serait encore en vie. C'est en tout cas l'avis de l'un des responsables de la police argentine chargé d'enquêter sur les causes du décès.
Pour l'instant, Etienne Lavigne, patron du Dakar, plaide « un problème dans le chaîne de communication de l'organisation entre le 4 et le 5 janvier» et le fait que « certaines choses qu'on ne s'explique pas » se soient produites. Des explications qui auront sans doute du mal à convaincre la famille de Pascal Terry, ainsi que son petit garçon.
Thierry ALLARD
mardi 16 décembre 2008
Championnat du monde des rallyes : la légende Subaru se retire
Ce matin, Subaru a annoncé son retrait du championnat du monde des rallyes (WRC) pour 2009. Après Honda qui s'est retiré de la Formule 1 il y a deux semaines, et Suzuki du WRC hier, c'est une véritable hécatombe qui touche les constructeurs japonais dans le sport automobile. L'année prochaine, il ne restera plus que Citroën et Ford d'engagés dans un championnat fragilisé. 
Subaru depuis 1989, c'est six titres constructeurs, 47 victoires en championnat. C'est la marque qui a révélé les champions du monde Colin McRae, Richard Burns et Petter Solberg. Les légendes Tommi Mäkinen et Carlos Sainz ont gagné en bleu. La marque a bâti son image et sa réputation sur le rallye. Quasiment inconnue en Europe il y a une vingtaine d'années, le sport automobile lui a permis de se faire un nom, et de faire de son modèle phare, l'Impreza, un mythe. Seulement les temps ont changé. Le dernier titre pilote de la marque remonte à 2003 avec Petter Solberg. La marque japonaise doit en outre faire face à une concurrence plus rude que jamais. Au niveau des pilotes, Sébastien Loeb écrase les autres depuis cinq ans maintenant. À l'échelle des constructeurs, Subaru a régressé, se retrouvant maintenant derrière Citroën et Ford. De plus, la crise économique commence à se faire sentir comme le confirme Ikuo Mori, le président du groupe : « Notre contexte économique s'est rapidement détérioré en raison de la crise financière ». Il semble clair que Fuji Heavy, le propriétaire du constructeur, a décidé de scier la branche sportive de la marque. Ce que Prodrive, la structure britannique qui gérait l'écurie, regrette, via son directeur David Richards : « Ce n'est pas seulement triste pour Subaru et l'équipe, ça l'est aussi pour les millions de fans de rallye à travers le monde. Ce retrait est une grande perte, Subaru était une icône de ce sport. » Subaru sera tout de même représentée l'année prochaine, mais à travers l'écurie privée norvégienne Adapta. Elle pourrait représenter une porte de sortie pour Petter Solberg et Chris Atkinson, les pilotes actuels de la marque.
Face à cet état de fait, la Fédération Internationale du Sport Automobile (FIA) a pris la décision de revoir l'organisation du championnat dès 2010. La catégorie WRC sera remplacée par la S2000, avec des voitures moins évoluées techniquement, donc moins onéreuses à développer et à faire courir. Il reste maintenant à espérer que ces retraits, à ajouter à celui de Honda en Formule 1, ne feront pas d'émules. Pour l'instant, Ford a confirmé son engagement pour l'année prochaine, au nom « des retombées sur la réputation et les ventes » de la marque. Et le sport dans tout cela?
Thierry ALLARD